La méthode Davis® propose de s’appuyer sur les caractéristiques particulières communes des dyslexiques pour résoudre leurs difficultés et apprendre à contrôler leur dyslexie.

 

La pensée en images

Il y a deux modes de pensée : la pensée en mots et la pensée en images. Un penseur en mots réfléchit à l’aide de mots, il se fait des monologues intérieurs pour accéder au sens (dialogue interne).

Un penseur en images réfléchit à l’aide d’images. Il accède au sens des mots par la représentation en images. Nous utilisons tous plus ou moins les deux modes de pensées. Les dyslexiques ont une pensée en images dominante. Mais tous les penseurs en images ne sont pas dyslexiques!

 

Quand il lit, le dyslexique n’est pas gêné par les mots concrets qui font images. Les mots « chat », « fusée » font images et prennent sens. Par contre, les mots abstraits comme « le », « de », « mais » ne créent pas d’images et donc ne font pas sens. Pour Davis, lorsqu’un penseur en images ne peut se faire une représentation précise d’un mot, cela crée une confusion. Et une accumulation de confusions va entraîner une désorientation.

 

Une pensée globale et intuitive

La pensée en images est subliminale, elle va très vite et est globale.

Une seule image peut représenter un concept, alors qu’il faudrait des milliers de mots pour la décrire verbalement. D’où la phrase célèbre de Confucius: « Une image vaut mille mots » ou de Napoléon (lui-même dyslexique): « Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours ». 

C’est pour cela qu’un enfant peut trouver la solution à un problème sans savoir dire comment il a fait. Il « voit » la solution mais n’est pas capable d’expliquer avec des mots ce qui s’est passé. Il le sait, c’est tout!

Cette pensée en images est très efficace dans le monde réel, mais cela lui pose des difficultés dans le monde scolaire, qui est un monde de mots. Lorsqu’il lit, il doit traduire les mots en images pour comprendre un texte, et inversement, lorsqu’il écrit, il doit traduire ses images en mots pour se faire comprendre. Autant dire que cela est un exercice très difficile pour l’enfant dyslexique!! Mais cela s’apprend…

C’est ce que nous travaillons lors des exercices de lecture.

 

 

Créer une image mentale d’un mot sans image

La méthode Davis® propose de créer une représentation concrète des mots abstraits par une réalisation en pâte à modeler. En créant le sens du mot dans le monde réel, le dyslexique accède à la représentation et à la signification du mot, et ainsi enlève la confusion.

C’est ce que nous travaillons dans l’étape appelée « Maîtrise des Symboles ».

 

 

La capacité à visualiser en 3 dimensions.

Les dyslexiques ont une aptitude particulière pour visualiser les images dans leur tête en 3 dimensions et à se les représenter comme si elles étaient réelles. Ils peuvent se déplacer dans leur imagination de façon totalement naturelle. Ils peuvent vivre les expériences mentales comme si elles étaient réelles. Cela constitue un vrai talent dans tous les domaines de l’invention et de la création : sciences, musique, architecture, arts, sports…  Et c’est pour cela qu’autant d’inventeurs, artistes, acteurs… sont dyslexiques. Voir « les talents des dys ».

 

Une maman me partageait que lorsque son fils joue à Zorro, il devient Zorro et sa vie imaginaire devient plus vraie que sa vie réelle. Cette confusion entre le monde imaginaire et le monde réel n’est pas sans poser quelques difficultés dans la vie quotidienne. Et ce qui est très efficace dans le monde des objets ne fonctionne pas dans le monde des lettres et des symboles…. Il faut donc apprendre à utiliser cette capacité à certains moments et à ne pas l’utiliser à d’autres, comme un interrupteur qui arrêterait ce déplacement dans l’imagination.

 

chat methodys

Tant que l’on ne sait pas contrôler pas cette capacité, cela peut nous jouer des tours. Notre cerveau peut se faire piéger par des fausses informations qu’il a perçues comme étant réelles. C’est un peu comme quand on descend de bateau et qu’on a l’impression que le sol tangue. Notre cerveau perçoit une sensation de mouvement alors que le sol ne bouge pas. C’est une fausse perception de la réalité. C’est ce que Davis appelle la désorientation.

 

Nous travaillons cet aspect tout au long du stage: apprendre à s’orienter et à reconnaître les désorientations afin de percevoir des informations justes.